Le mot colon désigne principalement une personne qui occupe une terre hors de son pays d’origine, dans le cadre de la colonisation d’un territoire. Mais d’où vient ce mot et comment son sens a-t-il évolué ?
Ce mot, apparu en français au XIVe siècle dans le langage juridique, vient du latin colonus, qui désigne un fermier, un paysan, un cultivateur. Il dérive du verbe colere, « cultiver ; habiter ».
Et c’est d’abord dans ce sens qu’il a été utilisé en français. Un colon, c’est au départ la personne qui habite une terre, qui l’occupe. Il pouvait s’agir d’un ancien soldat qui travaillait une terre pour le compte de son propriétaire.
Il s’est ensuite appliqué aux personnes qui peuplaient une colonie, au sens de « ville fondée pour exploiter une terre ». Le mot s’est surtout répandu à partir du XVIIIe siècle dans ce sens, dans le contexte de la colonisation (Amériques, Afrique, Asie). Les colons s’appropriaient les terres pour les exploiter, éventuellement en tirant parti de la population locale ou d’esclaves.
Cet emploi du mot colon, longtemps resté dominant, a d’ailleurs débouché dans la francophonie sur des sens intéressants. Dans le français parlé au Congo, un colon est une personne méchante, qui traite les autres avec sévérité. Au Québec, le mot colon désigne de manière familière une personne qui manque de savoir-vivre, un rustre.
Enfin, de nos jours, le mot colon s’utilise presque exclusivement au sujet d’Israël. Il s’applique aux Israéliens qui s’installent sur le territoire de la Cisjordanie, donc en dehors des limites officielles de leur État.
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