Emprunté à l’arabe, le mot fehla (ou fahla) s’emploie tout d’abord dans le français parlé en Algérie. Au départ, il désigne une jeune fille élevée dans la tradition.
Suivant la tradition, en Algérie, les jeunes filles sont élevées pour réaliser des tâches ménagères et s’occuper d’un foyer. Éduquées par les autres femmes de la famille, elles doivent prouver qu’elles ont toutes les qualités attendues pour se marier. Une fehla, c’est donc une fille bonne à marier, et c’est aussi une femme qui vit conformément à ces traditions.
Mais ce mot a pris un autre sens dans le français d’Algérie : il désigne une femme adulte indépendante, autonome, courageuse, qui sait ce qu’elle veut, qui s’affirme.
En France, on rencontre aussi le mot fehla, mais avec un sens un peu différent. De « fille bonne à marier », ce mot a dévié vers « fille vertueuse, honnête, loyale, droite ».
Dans ce tout dernier sens, fehla est à rapprocher de hlel, autre mot d’origine arabe qui désigne une femme chaste et vertueuse. En revanche, quand ce mot désigne une femme bonne ménagère, son équivalent dans le français du Maghreb est plutôt chatra : « femme au foyer sachant accomplir toutes les tâches ménagères, femme de ménage ».
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