Il y a deux mots masta, qui restent tous deux relativement rares en français. L’un est un emprunt au lingala, l’autre à l’anglais.
Dans le français parlé en République démocratique du Congo, on emploie parfois le mot masta, qui est repris du lingala. Dans cette langue, ce mot signifie « ami(e), pote, copain, copine ». Mon masta, c’est mon ami, un ami proche, voire mon meilleur ami. On entend également ce mot dans des chansons de rap.
Ce mot a été repris vers 2010-2011 par une bande de jeunes filles noires, en région parisienne, dans le nom de leur bande : Masta Dinguerie (ou Mastah Dinguerie). Elles se sont fait remarquer pour leur comportement bruyant et agité dans les lieux publics, ainsi que pour des actes de violence.
De là, l’expression faire la masta dinguerie a pris le sens de « s’éclater entre copines, s’amuser bruyamment », en parlant exclusivement de jeunes femmes noires – et principalement dans le langage des jeunes femmes noires.
En parallèle, on reprend parfois en français l’anglicisme masta, qui est une forme argotique de master, « maître ». Ce mot est parfois utilisé comme intensifieur, synonyme de super, de méga.
Depuis le début des années 2020, on rencontre l’expression masta dinguerie avec le sens de « énorme dinguerie », dans laquelle le mot masta est utilisé comme intensifieur. Il semble y avoir eu confusion entre les deux mots décrits ci-dessus : cette expression reprend un peu des deux.
Quoi qu’il en soit, son emploi par des jeunes adultes et des adolescents qui ne sont pas d’ascendance africaine est perçue comme déplacée, voire stigmatisante.
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