Des rodomontades, ce sont des propos fanfarons tenus par quelqu’un qui se croit plus fort qu’il n’est, et qui en réalité s’enfuira au premier danger. Mais quelle est l’origine du mot rodomontade ?
Ce mot est formé en ajoutant le suffixe -ade à Rodomont, nom d’un personnage romanesque italien de la fin du XVe et du début du XVIe siècle. Les aventures de ce personnage ont été racontées par deux poètes italiens successivement, Boiardo et l’Arioste.
On rencontre le personnage de Rodomont dans deux œuvres : Roland l’amoureux et Roland furieux. Ce sont des récits épiques qui abordent des thèmes comme l’héroïsme, l’amour, l’honneur. Le nom de Rodomont, ou Rodomonte en version originale, découlerait du latin rodere montem, « ronge-montagne ».
Rodomont est le roi d’Alger, qui se présente aussi comme roi de Sarze. C’est un personnage fier et fanfaron. Il n’hésite pas à provoquer ses adversaires en surestimant sa force. Extrait : « Si tu as quelqu’un qui veuille combattre pour toi, je l’accepterai. Si un seul champion ne te paraît pas suffisant, j’accepte de combattre contre cinq ou six. »
Rodomont est un personnage type de la commedia dell’arte, semblable au matamore. Son nom a été utilisé en italien pour désigner une personne adoptant le même comportement que lui. Et en français, dès la fin du XVIe siècle, on a appelé rodomontade une déclaration qui traduit cet état d’esprit à la fois hautain et fanfaron.
Accolé au nom de quelqu’un, le suffixe -ade implique l’idée de « parole ou action typique d’un personnage », avec une teinte pouvant être péjorative. On retrouve le même suffixe dans jérémiade, pantalonnade, et plus près de nous dans papinade, raffarinade.
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