Le dicton un de perdu, dix de retrouvés – ou, selon le cas, une de perdue, dix de retrouvées – est souvent utilisé pour réconforter quelqu’un qui a perdu quelque chose, en l’incitant à rester positif : il signifie que tout peut être remplacé. On l’emploie en particulier après une rupture amoureuse.
Mais le sens dans lequel on l’utilise aujourd’hui est assez éloigné de son sens initial. Voici quelques explications sur son origine et son évolution.
Il s’agit d’un proverbe issu de la parabole de la pièce perdue, qu’on trouve dans l’Évangile selon saint Luc. D’après cette parabole, si une femme a dix pièces et qu’elle en perd une, elle la cherchera partout jusqu’à la retrouver, et quand elle la retrouvera, elle se réjouira avec ses voisines et ses amies.
Ici, la pièce perdue symbolise le pécheur qui s’est éloigné de Dieu. La morale de cette parabole est que les chrétiens peuvent fréquenter des non-chrétiens en espérant que leur influence les incitera à se convertir mais aussi qu’ils peuvent se réjouir pour chaque personne qui, selon eux, revient vers Dieu.
Dès le XIIIe siècle, on trouve des traces de l’emploi du proverbe un de perdu, deux de retrouvés, avec le sens qu’on connaît aujourd’hui. Par la suite, on passera de deux à dix. Le décalage entre la signification initiale de la parabole et le sens courant du proverbe peut être dû à une réinterprétation populaire, ou bien avoir été produit par ironie.
Publié le
Dernière modification le
Rédigé par des humains, pour des humains