Jouer les cassandre, c’est prédire et annoncer des mauvaises nouvelles ou une issue désastreuse, mais sans être écouté, sans être pris au sérieux.
L’expression jouer les cassandre n’a pas de synonyme exact. Souvent, l’idée de ne pas être cru est absente, comme dans être porteur de mauvaises nouvelles ou être un oiseau de mauvais augure. Pour insister sur l’idée de « être pessimiste », l’expression se rapproche de dramatiser, craindre le pire, voir les choses du mauvais côté. Pour l’idée de « être inquiet », les termes approchants sont s’inquiéter, s’affoler, paniquer.
Cette expression, qui fait référence à la mythologie grecque, est attestée en français depuis le milieu du XIXe siècle. D’après le mythe, le dieu Apollon tombe sous le charme de Cassandre, fille de Priam (roi de Troie). Cependant, cette dernière refuse ses avances. Vexé et en colère, Apollon offre à Cassandre le don de prophétie pour annoncer les malheurs futurs, mais sans jamais qu’on la croie. À chaque avertissement qu’elle fait, on lui reproche de porter malheur.
Cassandre prédit notamment la Guerre de Troie et le piège du cheval de Troie (cheval en bois dans lequel sont cachés des soldats grecs). Personne ne la croit, on la prend même pour une folle.
Plusieurs orthographes sont possibles. On écrit souvent jouer les Cassandre, avec une majuscule et sans marque de pluriel : cette forme fait référence directement au personnage de la mythologie.
À l’inverse, dans la forme jouer les cassandres, le nom de Cassandre est devenu un nom commun à part entière. Il y a aussi une orthographe intermédiaire, jouer les cassandre, où on ne donne pas de s de pluriel au nom, pourtant écrit avec une minuscule.
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