Au départ, au XIIe siècle, l’adjectif malicieux qualifiait une personne méchante, perverse, qui faisait le mal, voire qui était supposément habitée par les forces du mal. Ce sens a perduré à travers les siècles mais il est à peu près éteint de nos jours.
Ensuite, à partir du XVIIe siècle, le sens de ce mot s’est adouci. Une personne malicieuse, c’était une personne qui aime se moquer, qui aime plaisanter au sujet des autres.
Et puis, à partir du XIXe siècle, le sens de malicieux s’est rapproché de « taquin, espiègle, coquin » et c’est devenu le sens majoritaire aujourd’hui. On dit par exemple un regard malicieux, un sourire malicieux, un air malicieux, c’est-à-dire « une expression du visage qui dénote de l’espièglerie, de la friponnerie ».
Quand on dit d’un enfant qu’il est malicieux, ce n’est pas une accusation. C’est plutôt une façon très affectueuse de dire qu’il aime se réjouir de ce qui est drôle, qu’il est sensible à l’aspect comique d’une situation, mais sans forcément l’avoir engendrée et surtout sans avoir de mauvaises intentions.
Comme on le voit dans ce parcours à travers l’évolution de sens de ce mot, la façon dont on utilise actuellement l’adjectif malicieux est très éloignée du sens d’origine !
Des adjectifs comme facétieux, taquin, farceur sont proches de malicieux pour décrire le côté moqueur mais pas méchant de quelqu’un. Coquin, espiègle, fripon expriment l’idée de malice (dans son sens moderne). Pour insister sur le côté intelligent d’une personne malicieuse, on emploie astucieux, malin, futé.
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