Voilà une question d’orthographe qui porte sur un changement linguistique en cours. La féminisation de ce mot n’est pas complètement aboutie, dans la mesure où plusieurs possibilités coexistent. Pour écrire le mot chef au féminin, on a le choix.
Déjà, il existe deux formes de féminin pour le mot chef : une chef, avec la même orthographe qu’au masculin, et une cheffe, en ajoutant un deuxième f et un e de féminin. Et en parallèle, on emploie aussi un chef au masculin pour désigner une femme.
L’orthographe une chef, la chef existe depuis très longtemps, mais n’a été répertoriée par les principaux dictionnaires qu’à partir de la fin du XXe siècle. C’est aujourd’hui la forme de féminin la plus répandue pour le mot chef.
Plus rare, le féminin cheffe s’est d’abord répandu en Suisse, où c’est une orthographe devenue courante. En France, il commence à être utilisé. Cette forme de féminin ne ressemble à aucune autre. Il s’agit en fait de montrer le féminin à l’écrit par l’ajout d’un e, alors que la prononciation reste la même qu’au masculin.
Et enfin, il reste des personnes, hommes ou femmes, qui refusent de féminiser ce mot, comme d’autres mots d’ailleurs : directeur, ministre, président, etc. Elles emploient donc le masculin un chef, le chef pour désigner une femme.
Au-delà du choix linguistique entre ces trois possibilités aujourd’hui en usage, la question déborde dans le domaine politique. Le choix de l’une ou l’autre de ces formes peut être connoté ou perçu comme tel, sur un axe opposant les réactionnaires aux progressistes.
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