Le mot fantastique vient du latin phantasticus, qui signifie « irréel, imaginaire ». Cet adjectif latin est un emprunt au grec ancien phantastikos, « relatif à l’imagination ; capable d’imaginer des choses (illusoires) ».
L’adjectif français qualifiait d’abord ce qui n’était pas réel, ce qui était imaginaire, et même ce qui était insensé. À partir du XVIe siècle, fantastique qualifie par extension ce qui, dans la réalité, semble imaginaire, ce qui est étrange. De là dérive au XIXe siècle le sens « incroyable, extraordinaire ». Peu après, en passant par l’anglais, c’est ce sens qui est repris pour désigner un genre littéraire.
L’adverbe fantastiquement est dérivé de fantastique et fait donc partie de la même famille. C’est également le cas de l’adjectif fantasque qui signifie « bizarre, lunatique ».
Fantastique appartient à une famille de mots beaucoup plus large, quand on remonte à son origine grecque. En effet, phantastikos vient du verbe phantazesthai (« donner l’illusion de ; se montrer ; s’imaginer ») qui a produit par exemple les mots fantôme et fantasme.
Ce verbe vient lui-même de phaínein (« apparaître, briller ») qui a donné le nom phantasía signifiant « apparition, image qui s’offre à l’esprit ; faculté d’imagination », repris en latin avec les sens « imagination, rêve ; idée, concept », d’où vient ensuite le mot français fantaisie. L’anglais a emprunté ce mot au français : le mot anglais fantasy a alors pris un nouveau sens, qui est revenu en français (« genre littéraire dans lequel l’action se déroule dans un univers légendaire »).
Dans cette famille, il y a également les mots pantois et ses dérivés panteler et pantelant. En effet, phantasía a donné le grec phantasioun, « se figurer, s’imaginer », qui a été emprunté par le latin populaire où le verbe pantasiare (dont on n’a pas de trace écrite) signifiait « avoir des visions, rêver » et particulièrement « faire un mauvais rêve, cauchemarder ».
À partir de cette idée de cauchemar, le verbe a pris par extension le sens de « haleter, suffoquer, se sentir oppressé ». Son évolution en ancien français, pantaisier, avait ce dernier sens, et c’est de lui que vient l’adjectif pantois.
Mais la famille de mots ne s’arrête pas là ! Phaínein a produit également phase, épiphanie et bien d’autres mots que vous pourrez découvrir en explorant l’arbre étymologique de la racine phaínein.
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