La rhétorique, c’est l’art de bien parler, de s’exprimer de manière à transmettre ses idées à son auditoire. Mais quelle est l’origine de ce mot ?
Le mot rhétorique est emprunté du latin rhetoricus, qui le tient du grec rhêtorikos – les deux signifient « oratoire ». On employait en grec et en latin les formules rhêtorikê tekhnê et ars rhetorica, qui désignaient l’art rhétorique, les techniques oratoires.
Le mot grec d’origine est formé sur rhêtor, qui désignait un orateur, notamment une personne amenée à faire des discours dans une assemblée. Ce nom appartient à la famille du grec eiro, « parler ».
Au XIIe siècle, le nom rhétorique a d’abord désigné en français l’art de l’éloquence, aussi bien à l’oral qu’à l’écrit. Au XVe siècle, on parlait par exemple de première rhétorique et de seconde rhétorique, au sujet respectivement de l’art d’écrire en prose et de l’art de composer des vers. L’expression figure de rhétorique repose également sur ce sens.
Entretemps, ce mot s’est appliqué à l’élégance dans l’expression, à l’habileté d’un orateur, d’un auteur. Par exagération, ce sens a débouché au XVIIIe siècle sur celui de « fausse éloquence, style pompeux mais creux ».
Entre les deux, sans jugement de valeur, il désigne les moyens d’expression, le style, le type d’argumentation propres à une personne. Dans ce sens, on dit par exemple aujourd’hui la rhétorique de Donald Trump.
Signalons enfin que ce mot a désigné, à partir de la fin du XVIe siècle, l’une des années de scolarité au lycée, durant laquelle on enseignait la rhétorique. Tandis que ce sens n’a persisté en France que jusque vers 1900, il est toujours d’actualité dans le français parlé en Belgique, où il correspond à la dernière année de lycée (le mot est souvent abrégé en rhéto).
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