Dans quels cas écrit-on cent, et dans quels cas écrit-on cents en ajoutant un s de pluriel ?
Suivant la règle actuelle, on met un s lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : d’abord, le nombre cent est multiplié, c’est-à-dire qu’il est précédé d’un autre nombre qui indique combien il y a de centaines. Ensuite, le nombre cent n’est suivi d’aucun autre nombre, ce qui revient à dire que le nombre est rond. Suivant cette règle, on écrit donc : deux cents, trois cents, quatre cents (il y a deux, trois, quatre centaines, tout rond), deux cent douze (le nombre n’est pas rond).
En toute logique, on écrit aussi mille cent (la centaine s’additionne au millier), cent mille (il n’y a qu’une seule centaine).
Cette règle a été remise en question par l’arrêté de « Tolérances grammaticales ou orthographiques » de 1976, qui s’applique dans la correction des examens et concours dépendant du ministère de l’Éducation nationale, et qui est théoriquement toujours en vigueur. D’après cet arrêté, on peut employer la marque de pluriel même lorsque cent est suivi d’un autre nombre : par exemple sept cents quarante-six.
Là aussi, il existe une règle traditionnelle accompagnée d’une règle plus récente.
Suivant la tradition, on ne met un trait d’union entre deux nombres que lorsque la somme de ceux-ci est inférieure à cent : exemple trente-sept. On n’emploie donc pas de trait d’union de part et d’autre du nombre cent : exemple six cent quarante.
Cela dit, les rectifications orthographiques de 1990 proposent d’employer le trait d’union partout, ce qui permet de bien marquer la limite des nombres complexes. On peut donc écrire neuf-cent-huit, mille-neuf-cent-quatre-vingt-onze, avec des traits d’union partout.
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