La difficulté avec ce mot, c’est que son orthographe et sa prononciation sont assez éloignées. Du moins, pour ce qui est de la prononciation standard de poêle, [pwal] – car dans le Nord de la France et en Bretagne, on prononce plutôt [pwɛl], ce qui correspond mieux à la graphie.
En effet ce mot s’écrit avec un ê accent circonflexe. Disons même : tous les mots poêle, puisqu’il y en a plusieurs, s’écrivent aujourd’hui avec un ê accent circonflexe. Qu’on parle d’un ustensile de cuisine, d’un appareil de chauffage ou même (très rarement) d’un drap funéraire, on écrit poêle.
L’orthographe poêle ne s’est définitivement imposée, pour les trois mots, qu’à la fin du XIXe siècle. Auparavant il a régné une assez grande confusion, avec la coexistence de plusieurs graphies. Pour l’appareil de chauffage, la forme poile a longtemps été de mise ; pour l’ustensile de cuisine, c’était poële ; le drap mortuaire a connu la graphie poisle.
Habituellement, quand plusieurs mots différents se prononcent de la même façon, on conserve de quoi les distinguer dans l’orthographe. Là, c’est l’inverse qui s’est produit : une harmonisation orthographique. C’est d’autant plus curieux que la graphie retenue, poêle, note une prononciation ancienne ou régionale.
On rencontre plusieurs erreurs sur ce mot dont plusieurs impliquent l’accent circonflexe : poele sans accent, pôele avec le bon accent mais sur la mauvaise lettre, poèle avec un accent grave, poële avec un tréma (à l’ancienne), mais aussi poelle avec deux l.
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