Le nom chef provient du mot latin caput, qui désignait la tête. L’évolution de caput à chef, à travers les siècles, s’explique par les règles d’évolution phonétique : passage de [k] initial à [ʃ] (« ch »), affaiblissement de p en b puis v et enfin f, amuïssement de la syllabe finale non accentuée.
Au cours de cette évolution, le mot issu du latin classique avait d’abord évolué sur le plan sémantique en latin populaire : capum, capi, ce n’était déjà plus la tête, mais l’extrémité de quelque chose, ou une chose importante, ou une personne qui commande.
Tous ces sens se retrouvent en français, avec différents statuts. Le sens de « tête » est archaïque et l’est déjà au moins depuis le XVIIe siècle. Il n’en reste que quelques traces en français moderne, par exemple dans le mot composé couvre-chef.
Cet emploi a débouché sur un sens figuré, celui de « jugement, initiative ». On le trouve encore dans l’expression de mon propre chef, « de ma propre initiative ».
Au XIIe siècle, on avait chef au sens de « extrémité, bout (d’un objet) ». Il a aujourd’hui disparu, si ce n’est peut-être au figuré quand on dit un chef d’accusation, au premier chef. Il s’applique ici aux principales parties d’une chose (souvent un texte) qui se laisse décomposer en plusieurs points.
Au même moment se retrouve l’emploi qui a pris le dessus : le chef, c’est la personne qui commande, qui est plus haut dans la hiérarchie, ou bien qui a plus d’importance. Cet emploi s’applique à beaucoup de domaines : le travail bien sûr, mais aussi la cuisine, l’armée, la musique (chef d’orchestre), la politique (chef d’État), etc.
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