Un chouf, c’est un guetteur. En particulier un adolescent qui joue ce rôle, dans un réseau de trafiquants de drogue, dans une cité.
Posté à un point d’entrée du quartier, il est chargé de surveiller les allées et venues et de donner l’alerte au cas où il repère un élément suspect : policiers, voiture de police banalisée, trafiquants rivaux, personne inconnue qui n’a pas l’air d’être un client.
Pour sonner l’alerte, les choufs crient akha, une interjection empruntée à l’arabe. À ce cri, les trafiquants cachent tout leur matériel et prennent la fuite.
Les choufs sont des petites mains du trafic de drogue. Ce sont en général de jeunes adolescents, recrutés uniquement pour ce rôle, qui n’ont aucune connaissance de la façon dont le trafic est organisé. Pour un peu d’argent, ils prennent des risques inconsidérés.
Avant de prendre ce sens très spécifique, le mot chouf existait déjà dans l’argot des malfaiteurs, où il désignait là aussi un guetteur, mais également une planque : être en chouf dans une bagnole. Et avant ça, il était passé dans l’argot militaire dans le contexte de la guerre d’Algérie, pour désigner une sentinelle mais aussi son abri, sa cachette.
Le mot chouf est emprunté à l’arabe. Il correspond dans cette langue à une forme conjuguée du verbe regarder, l’impératif deuxième personne : regarde ! À partir du nom français, on a construit un verbe qui désigne l’activité correspondante, chouffer.
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