Déconner, c’est à la fois dire des conneries, délirer, ne pas fonctionner, se mettre en danger : ce verbe véhicule beaucoup de sens différents. Mais quelle est son étymologie ?
Le mot déconner a été construit à partir du mot con pris dans le sens « sexe de la femme, vagin ». On y a ajouté le suffixe -er pour en faire un verbe, et le préfixe dé- qui exprime l’idée de contraire. On va tout de suite voir pourquoi.
Quand ce mot a été construit au milieu du XVIIIe siècle, c’était un terme très trivial du vocabulaire de la sexualité. Il avait le sens de « sortir le pénis du vagin, pendant l’acte sexuel ». Déconner était alors le contraire de enconner.
Un dictionnaire érotique ancien le définit comme « Sortir du con de la femme, soit parce qu’on a fini, soit parce qu’elle remue trop les fesses »… Les textes érotiques de l’époque regorgent de formules comme tirer un coup sans déconner, etc.
À partir de la fin du XIXe siècle, le mot a acquis de nouveaux sens dans le vocabulaire familier. Le changement de sens pourrait être lié, d’une part à l’obsolescence du sens sexuel, d’autre part au glissement sémantique du mot con lui-même, devenu équivalent de « idiot, imbécile ».
Quoi qu’il en soit, ce verbe s’emploie aujourd’hui dans tout un tas de situations. Selon le contexte, il peut vouloir dire « se mettre en danger, tenter de se suicider » (déconne pas), « ne pas fonctionner » (la télécommande déconne), « s’amuser avec excès » (déconner entre potes), « plaisanter » (sans déconner !), entre autres.
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