Le verbe gracier désigne, pour un chef d’État, l’action d’annuler ou au moins d’alléger la peine judiciaire infligée à un condamné. Dans plusieurs pays, le chef de l’État dispose en effet du droit d’intervenir dans les affaires judiciaires en annulant des condamnations.
L’étendue de ce droit est laissée à l’appréciation de chaque chef d’État, compte tenu des traditions de son pays en la matière. Mais il n’est pas rare de voir un président en user pour blanchir des membres de son entourage ou des alliés politiques.
En France, le droit de gracier un condamné est réservé au président de la République. À la fin du XXe siècle, dans un esprit de concorde nationale, il était d’usage que le président allège des peines et annule des contraventions routières à l’occasion de la fête nationale. Cet usage a ensuite disparu.
Finalement, les présidents n’usent de ce droit qu’avec parcimonie, allégeant une peine, la commuant ou l’annulant. Le choix des personnes qu’ils gracient peut prendre un sens politique.
Ainsi, dans l’après-guerre, le général de Gaulle a commué la peine de mort prononcée contre Philippe Pétain en prison à perpétuité. Quant à François Mitterrand, à peine élu, il a gracié le dernier condamné à mort, avant de faire voter l’abrogation de la peine de mort.
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