La grève, c’est l’action pour des travailleurs d’arrêter de travailler afin de soutenir leurs revendications auprès de leur employeur. Mais saviez-vous que le mot grève est de la même famille que gravier ? Voici l’histoire de ce mot.
En français, le nom grève a tout d’abord désigné un terrain plat situé sur un rivage (cours d’eau, mer), constitué de sable et de gravier. Ce mot remonte au latin populaire grava, d’abord « gravier », puis « plage ».
À Paris, au moins jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la berge de la Seine voisine de l’hôtel de ville était en fait une plage de gravier, légèrement inclinée, le long de laquelle des bateaux de commerce venaient décharger leurs marchandises. Cette berge était donc une grève.
Cette zone centrale de la capitale a alors été nommée à partir de cette caractéristique. La berge était appelée port de Grève, et l’espace attenant, place de Grève.
Sur la place se rassemblaient des ouvriers en quête de travail, et en particulier en attente de bateaux à décharger. À l’époque, être en grève, c’était « être dans l’attente d’un travail ». Le mot grève se répandit au-delà de ce lieu et prit le sens de « lieu où l’on embauche, où se réunissent les ouvriers sans emploi ».
L’emploi moderne du mot grève est attesté depuis le tout début du XIXe siècle. Faire grève, c’était quitter collectivement le travail pour faire peser des revendications salariales (par exemple pour demander une augmentation).
Cet usage provient probablement des ouvriers de la place de Grève qui, libres de refuser une offre de travail, pouvaient retourner « en grève » en attendant une meilleure offre.
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