Un pied-noir, c’est un Français né en Algérie à l’époque de la colonisation française et rapatrié en métropole au début des années 1960. Le mot pied-noir est composé de pied et de noir, mais d’où vient cette appellation ?
Plusieurs hypothèses circulent à ce sujet : référence aux souliers des soldats français, au peuple amérindien des Pieds-Noirs, aux marins algériens dans les soutes, à la saleté des pieds des colons agricoles, au continent africain ?
Les premières attestations de pied-noir, au début du XXe siècle, correspondent à un autre sens du mot. Ce terme désignait un Algérien, un Arabe d’Algérie, avec une connotation péjorative.
Le mot fait référence aux chauffeurs algériens de bateaux à vapeur, qui travaillaient pieds nus dans les soutes à charbon. D’abord spécialisé à cet emploi, l’usage du mot s’est ensuite étendu aux Algériens. Il est attesté en 1917 dans les tranchées de la Première Guerre mondiale.
Dans son sens principal, le mot pied-noir est attesté depuis les années 1950. Il est également apparu en Afrique du Nord, mais pour autant il n’a pas de lien avec le premier mot décrit.
Pieds-Noirs a d’abord été le surnom de bandes de jeunes Français, au Maroc, dans le contexte de violences urbaines à Casablanca. Ce surnom a été choisi en référence aux Blackfoot, peuple autochtone du Montana et de l’Alberta. Il s’est rapidement diffusé auprès de la jeunesse d’Algérie.
Le mot pied-noir a ensuite été repris plus largement par les Français d’Algérie, pour se désigner eux-mêmes. Dans ce sens, il a remplacé le terme Algérien, ambigu (les pieds-noirs opposaient Algérien à indigène).
Le terme s’est surtout diffusé au début des années 1960, avec le rapatriement en France métropolitaine des pieds-noirs d’Algérie. Alors qu’il possédait une connotation péjorative pour les métropolitains, il a été revendiqué, assumé fièrement, par les personnes qu’il désignait.
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