Le mot poubelle, qui désigne une boîte dans laquelle on stocke temporairement des ordures, est tiré du nom d’Eugène Poubelle. Le nom commun provient donc d’un nom propre, par un procédé appelé antonomase (même chose pour sandwich, sosie, dédale et quelques autres).
Eugène Poubelle était préfet du département de la Seine (donc de Paris) à la fin du XIXe siècle. À cette époque, les ordures étaient déposées, entassées par les habitants en pleine rue. Des chiffonniers venaient travailler dans ces tas d’ordures pour collecter les matériaux qui pourraient être revalorisés.
Ce fonctionnement posait des problèmes d’hygiène, d’insalubrité, en même temps qu’il était inesthétique. Dans le dernier tiers du XIXe siècle, le pouvoir politique commence à proposer une solution : l’organisation d’un système de ramassage des ordures, à condition que les habitants les conservent brièvement chez eux.
Nommé en 1883, le préfet Poubelle prépare un arrêté (l’arrêté relatif à l’enlèvement des ordures ménagères) qui sera appliqué début 1884. Cet arrêté décrit le type de récipients à employer, l’organisation du ramassage, l’heure à laquelle les ordures doivent être sorties. Il interdit aussi de déposer des ordures ailleurs que dans ces récipients.
Au moment de la publication de l’arrêté, une résistance s’organise dans la classe politique. L’appellation boîte Poubelle, employée début 1884, se diffuse alors dans la presse. Malgré la résistance et les commentaires, la majorité des habitants respectent les dispositions de l’arrêté. L’utilisation des boîtes à ordures passe dans les mœurs.
Le mot poubelle perd rapidement sa connotation péjorative et sa coloration populaire. Au début du XXe siècle, il s’est déjà imposé comme nom commun. Sa diffusion est croissante tout au long du XXe siècle.
Publié le
Dernière modification le
Rédigé par des humains, pour des humains