L’expression trouillard zoologique est une formule imagée utilisée sur les réseaux sociaux par l’ancien président russe Dmitri Medvedev à l’encontre d’Emmanuel Macron, en mars 2024. Avant cette date, néant : aucune attestation de ces deux mots ensemble.
Cette formule a valeur d’insulte. Elle véhicule l’idée que la personne visée est un lâche, un faible, qui n’a aucun courage, en la comparant à un animal craintif. Employée dans le contexte de la guerre en Ukraine, elle vient ponctuer une longue série d’invectives et de propos intimidants qui ont émaillé le conflit.
Depuis l’avènement de la communication directe par les réseaux sociaux, la provocation, les injures, les propos familiers voire vulgaires font partie intégrante de la vie politique. Un nombre de plus en plus grand de responsables politiques se permettent des propos qui détonnent, par stratégie politique.
Revenons-en à l’insulte. Dans trouillard zoologique, le mot trouillard, construit sur le mot familier trouille, « peur », désigne une personne qui a peur. Quant à zoologique, c’est un adjectif qui signifie « relatif aux animaux ».
Pour comprendre l’association de ces deux termes, peut-être faut-il mentionner la propension des Russes à s’insulter, en russe, à partir de noms d’animaux. Dans cette langue, des mots comme kaziol, « bouc », skatina, « bétail », svinia, « porc », souka, « chienne » (parmi beaucoup d’autres) sont des insultes assez fortes.
On trouve par ailleurs en russe un certain nombre d’insultes imagées visant la classe politique : le papi dans son bunker, le Führer agricole, le cafard, pour désigner respectivement Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko.
Publié le
Dernière modification le
Rédigé par des humains, pour des humains