On ne présente plus le peintre néerlandais Vincent van Gogh, célèbre pour ses autoportraits et ses tournesols, entre autres. Mais comment se prononce son nom, au juste ?
La question sous-jacente est celle de la prononciation des noms à consonance étrangère. Quand on les dit dans une autre langue, faut-il respecter la prononciation d’origine ? ou bien les transforme-t-on phonétiquement, conformément aux règles de la langue qui emprunte ?
Cette question est loin d’être tranchée, et on observe de grands écarts dans les usages, d’un nom à l’autre. Certains sont prononcés à l’anglaise, à l’espagnole, etc. ; d’autres à la française ; et pour d’autres encore plusieurs variantes coexistent, parfois des changements ont lieu.
Pour le nom van Gogh, il y a en français une tendance forte à le prononcer comme il s’écrit, en suivant les règles de la prononciation française. On dit couramment [vɑ̃gɔg] (« van-gog »), parfois aussi en prononçant le n à part, [vɑ̃ngɔg] ou [vɑ̃ŋgɔg]. On rencontre aussi van prononcé [van], « vann », donc sans voyelle nasale.
Ce qui caractérise la prononciation à la française, c’est surtout la voyelle nasale [ɑ̃] et la prononciation [g] des deux g, absentes du nom van Gogh en néerlandais.
On est bien loin de la prononciation néerlandaise, qui fait intervenir des sons n’existant pas en français. En l’occurrence, Gogh se prononce [ɣɔx]. Pour le premier g, la langue se rapproche du palais mais ne ferme pas complètement la cavité buccale. Et le son qui correspond au second est le même que dans les mots allemands ach ou noch.
Dans un mouvement de rétablissement de la prononciation originelle, on rencontre en français une forme intermédiaire, qui ressemble à [vɑ̃gɔx] ou [vɑ̃gɔʁ], c’est-à-dire à peu près « van-gor ».
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