Quand on dit de quelqu’un qu’il a les oreilles qui sifflent, cela signifie qu’on est en train de dire du mal de lui en son absence. Autrement dit, on médit de lui.
C’est une expression imagée, car elle ne signifie pas que la personne concernée entend réellement quelque chose. D’ailleurs, quand on parle de quelqu’un en son absence, cette personne n’est pas censée le savoir et donc elle n’est pas censée employer cette expression sur le moment.
Dans cette expression, le verbe siffler n’a pas son sens habituel de « émettre des sons avec les lèvres », mais celui de « faire entendre un sifflement ».
Avoir les oreilles qui sifflent existe aussi au sens propre. Cela arrive à une personne qui a des acouphènes, apparus par exemple à la suite d’un traumatisme auditif.
L’expression avoir les oreilles qui sifflent a connu d’autres formes employées autrefois : les oreilles ont dû lui siffler, et également les oreilles me tintent, les oreilles me cornent (ces variantes focalisent l’attention sur la personne qui perçoit les sons et qui suppose qu’on parle d’elle).
Cette expression provient de la croyance ancienne selon laquelle on pouvait tirer des augures du sifflement des oreilles. En particulier, un sifflement de l’oreille droite annonçait à la personne qu’on disait du bien d’elle, alors que la même sensation à l’oreille gauche indiquait qu’on médisait d’elle. L’expression actuelle ne reprend que la deuxième partie de cette croyance.
Oui, on dit aussi casser du sucre sur le dos de quelqu’un (ou parfois sur sa tête), dire pis que pendre de quelqu’un, tailler un costume à quelqu’un, habiller quelqu’un pour l’hiver. Mais seule la première de ces expressions garde l’idée que la personne dont on parle est absente.
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