Au départ, immoler un animal, c’est sacrifier cet animal pour l’offrir à une divinité. On dit par exemple immoler un mouton pour l’Aïd. Plus rarement, ce verbe s’appliquait aussi à une personne sacrifiée. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’on dit que Jésus-Christ a été immolé sur la croix.
Ensuite, le verbe immoler a pris le sens de « sacrifier en tuant » (mais pas dans le cadre d’un culte), puis de « massacrer, tuer, exécuter ». Le verbe s’applique là aussi à des animaux (comme du bétail) ou à des humains, mais généralement avec l’idée de tuer en grand nombre.
Ce verbe s’utilise aussi à la forme pronominale. S’immoler, c’est tout d’abord se sacrifier pour une cause, offrir sa vie pour défendre cette cause.
En principe, immoler ne veut pas dire « détruire ou tuer en brûlant », et s’immoler, ce n’est pas « se suicider en se faisant brûler ».
Cependant, de nos jours, parmi tous les mots disponibles pour dire qu’une personne met fin à ses jours, c’est s’immoler qu’on choisit quand cette personne se suicide en se faisant brûler. De ce fait, on précise presque toujours : s’immoler par le feu. Au passage, cette expression ne véhicule pas toujours l’idée de sacrifice pour une cause : elle décrit plutôt une forme spectaculaire de suicide.
À force d’employer l’expression s’immoler par le feu, le verbe s’immoler (qui est peu utilisé dans les autres sens décrits ci-dessus) finit par être associé à l’idée de brûler, de mourir en brûlant. On peut donc considérer que ce verbe est en train de connaître une évolution sémantique.
Publié le
Dernière modification le
Rédigé par des humains, pour des humains