L’expression masta dinguerie possède deux sens très différents. À l’origine, depuis 2012, elle désigne l’action de s’amuser bruyamment entre amies, en se faisant remarquer dans l’espace public, en parlant spécifiquement d’un groupe de jeunes filles noires. On dit par exemple faire la masta dinguerie.
Depuis la fin des années 2010, l’expression a été recyclée comme intensifieur de dinguerie, par méconnaissance de l’expression d’origine. Une dinguerie, dans le langage des adolescents et des jeunes adultes, c’est une chose incroyable et enthousiasmante. Et une masta dinguerie, c’est pareil, mais encore plus incroyable et enthousiasmant.
Cela dit, le mot masta comporte une part d’ambiguïté. Il correspond aussi à une déformation argotique de l’anglais master, qui peut fonctionner comme intensifieur.
Masta dinguerie, également orthographié mastah dinguerie, est à l’origine (2010-2011) le nom que s’est donné une bande de collégiennes de la région parisienne. Cette bande s’est à la fois fait remarquer pour des désordres sur la voie publique (cris, agitation) et pour ses actions violentes.
Le nom du groupe est formé à partir d’un mot lingala (langue bantoue parlée dans les deux Congos), masta, qui signifie « ami, copain, pote », aussi bien au masculin qu’au féminin.
L’expression d’origine est spécifique au vocabulaire des jeunes femmes d’origine africaine subsaharienne. Cependant elle est devenue péjorative parce qu’on lui reproche de stigmatiser la communauté noire, autour du stéréotype des jeunes femmes qui manquent de civilité.
C’est la raison pour laquelle sa gentrification, sa reprise par des jeunes gens non issus de la communauté noire, qui la dotent d’un sens nouveau, est mal perçue.
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