Les polluants éternels sont des composés chimiques de synthèse contenant du carbone et du fluor. Il en existe des millions, dont beaucoup ont des propriétés (antiadhésives, imperméabilisantes…) qui les rendent utiles dans l’industrie.
Les noms exacts de ces composés ne vous diront probablement rien (si vous arrivez déjà à les lire) : acide perfluorononanoïque, acide perfluorooctanesulfonique, perfluorooctanesulfonamide, polytétrafluoroéthylène, acide trifluoroacétique, etc. Plusieurs d’entre eux sont désignés par des sigles, comme PTFE et TFA, pour les deux derniers cités.
Ces composés se retrouvent dans des produits de consommation courante comme des vernis, des peintures, des textiles imperméables, des emballages alimentaires, des produits cosmétiques, des ustensiles de cuisine (revêtement antiadhésif), également dans des mousses anti-incendie.
Le problème, c’est que nombre d’entre eux se sont révélés toxiques, et qu’on en retrouve actuellement dans des organismes vivants partout dans le monde, dans les écosystèmes, dans l’air, partout.
Dans le corps humain, les polluants éternels sont responsables de perturbations hormonales et immunitaires. Ils peuvent favoriser l’apparition de cancers, avoir une influence sur le taux de cholestérol.
En outre, comme leur surnom de polluants éternels l’indique, on ne s’en débarrasse pas comme ça. La liaison chimique entre le carbone et le fluor est d’une extrême solidité.
L’expression polluants éternels est privilégiée dans les médias mais elle n’a pas d’assise scientifique. Pour être exact, on les appelle substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (ce qui s’abrège, si l’on peut parler d’abréviation, en substances per- et polyfluoroalkylées). Vous comprenez maintenant pourquoi on privilégie le surnom de polluants éternels.
On utilise aussi le sigle PFAS. Il est emprunté à l’anglais, où il est formé avec les lettres de l’expression citée plus haut, dans sa version anglaise. Sa prononciation est également héritée de cette langue, puisqu’on prononce ce sigle [pifas].
En outre, ces composés font partie de classes plus grandes : les composés perfluorés et les polluants organiques persistants.
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