Kiffer, c’est apprécier, aimer, prendre du plaisir. Ce mot longtemps argotique a conquis toutes les générations (ou presque). Mais quelle est son étymologie ?
Le verbe kiffer est attesté dès le milieu du XIXe siècle, en référence à la consommation de drogues au Maghreb. Mais c’est à la fin du XXe siècle qu’il s’est répandu, très vite, d’abord chez les jeunes adultes et les adolescents.
Kiffer est un dérivé de kif, qui désigne une drogue extraite d’une variété de chanvre d’Afrique du Nord, que l’on fume mélangée à du tabac. Autrement dit, c’est une variété de haschich d’origine maghrébine.
Le mot kif est lui-même repris de l’arabe maghrébin, qui correspond à l’arabe classique kayf. Ce mot arabe désigne le haschich, mais auparavant l’état d’euphorie, de jouissance que sa consommation entraîne, et avant ça, c’est le mot pour « bien-être, joie, plaisir ».
Au départ, kiffer, c’est « consommer du kif, fumer du kif ». On trouve ce sens dans des récits de l’époque coloniale en Afrique du Nord. Il a disparu de nos jours.
Le mot semble avoir reformé un siècle plus tard, cette fois à partir du sens de départ de l’arabe kayf (voir ci-dessus). Quand il s’est diffusé, juste avant l’an 2000, c’était cette fois avec le sens de « apprécier (quelqu’un ou quelque chose) ». Employé seul, il a pris le sens de « prendre du plaisir, avoir du bon temps ».
Son apparition dans des paroles de chansons (« laisse-moi kiffer la vibe avec mon mec », chez Diam’s) ou dans de petites expressions (je kiffe ma life, ça me fait kiffer) a fini d’installer ce verbe dans le français courant du XXIe siècle.
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