Le mot chienlit désigne aujourd’hui une situation désordonnée, confuse, tumultueuse. Il est souvent appliqué au champ de la politique, lorsque le pays traverse une phase d’instabilité.
Ce mot connaît un regain d’emploi depuis la présidence de Charles de Gaulle, dans les années 1960. On lui attribue en effet une formule célèbre, prononcée lors des évènements de mai 1968 : « la réforme, oui, la chienlit, non ». Cette formule traduit l’opinion de De Gaulle sur le désordre ambiant.
Au moment de son emploi, le mot chienlit était désuet depuis longtemps. Mais ce soudain coup de projecteur lui a redonné de la vitalité. D’abord dans la bouche de ses opposants, qui n’ont pas hésité à le reprendre contre lui. Puis de nos jours encore pour commenter une période d’incertitude politique.
Mais le mot chienlit a eu d’autres sens auparavant. C’est notamment le nom d’un célèbre personnage du Carnaval de Paris. Du moins, célèbre autrefois… Ce personnage était habillé d’une chemise de nuit avec une tache de moutarde sur le pan de vêtement qui pendait au bas du dos.
De là, le mot a ensuite pris le sens de « mascarade désordonnée typique des carnavals », qui a débouché sur le sens qu’on connaît aujourd’hui.
On n’a pas dit pourquoi ce personnage de carnaval s’appelait Chienlit. En fait, son nom, écrit à l’origine Chie-en-lit, désignait une personne qui avait fait caca au lit. Vous l’avez compris, la tache de moutarde de son costume représente en réalité une trace d’excréments.
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