Le mot apartheid s’emploie principalement en référence à l’Afrique du Sud : c’est une politique de ségrégation raciale qui y a été instaurée en 1948 et abolie en 1991.
Concrètement, sous l’apartheid, les groupes raciaux qui peuplaient l’Afrique du Sud (Noirs, Blancs, mais aussi Indiens, Métis) étaient séparés et n’avaient pas les mêmes droits. Reposant sur une idéologie raciste, l’apartheid a valu à l’Afrique du Sud des sanctions internationales (représentant sud-africain écarté de l’ONU, embargo sur les armes).
Dans les années 1970, l’ONU vote une résolution pour définir le crime d’apartheid, qui consiste en l’application d’un régime politique d’oppression et de domination d’un groupe ethnique sur un autre.
Le mot apartheid a ensuite été repris avec un sens amoindri, par comparaison avec la situation sud-africaine. Ce mot désigne alors une politique dans laquelle les groupes ethniques sont séparés, par exemple en Birmanie, en Israël. Mais l’emploi de ce mot, chargé d’une histoire très forte, peut sembler abusif.
Et enfin, ce mot désigne le fait que, dans un pays, les différents groupes ethniques n’accèdent objectivement pas au même statut social (en matière d’emploi, de richesse, de zones d’habitation), alors qu’ils ont les mêmes droits. Il se rapproche alors de ghettoïsation, de discrimination, et il s’oppose à mixité. Mais là encore, c’est un terme très fort.
Ce mot est emprunté à l’afrikaans, une langue principalement parlée en Afrique du Sud, qui dérive du néerlandais. En afrikaans, apartheid signifie littéralement « mise à l’écart, séparation, distinction ». Ce mot est formé à partir du néerlandais apart, « à part », et d’un suffixe qui indique la condition, l’état.
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