Un rastaquouère, c’est à l’origine un étranger à l’apparence voyante et exotique, en particulier un Sud-Américain à Paris, dont on soupçonne qu’il s’est enrichi de manière malhonnête. Le mot rastaquouère est d’origine espagnole.
Pour être plus précis, disons qu’il est emprunté à l’espagnol d’Amérique latine. Le mot d’origine, rastracueros, désignait un commerçant de cuirs, de peaux, un tanneur. Il est composé de cueros, « cuirs », et de arrastrar, « ratisser » en espagnol du Mexique, verbe qui appartient à la famille de rastro, « râteau ».
Le mot est passé en français à la fin du XIXe siècle, avec l’arrivée à Paris de nombreux Sud-Américains à l’allure tapageuse, soupçonnés de tremper dans des affaires louches. Le rastaquouère devient alors un stéréotype. C’est d’ailleurs dans ce sens que le mot a été réemprunté au français dans l’espagnol de quelques régions d’Amérique latine !
Le sens qu’on vient de décrire n’est quasiment plus employé, mais le mot l’est toujours. Avec le temps, il a conservé deux traits : étranger et louche.
De nos jours, le mot rastaquouère s’utilise pour disqualifier une personne avec qui on n’est pas d’accord, en mettant en avant son origine étrangère (qui transparaît par exemple dans son nom). C’est un terme injurieux, limite xénophobe, dont l’emploi est très proche de métèque.
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