webleads-tracker

Guillaume Terrien dans L’Équipe

« Pourquoi, moi, dès que je vois un mot, je l’assimile ? Même petit, je pouvais écrire des noms de dinosaures. » Guillaume Terrien nous raconte son histoire dans l’article du magazine L’Équipe.

Crédits : L’Équipe magazine

L’Équipe – le magazine
30/06/2018

Guillaume Terrien
Champion de France de dictée. A fait trois sans faute consécutifs à la fameuse épreuve de Pivot.

Il est interdit de compétition. Persona non grata au Championnat international suisse pour avoir remporté quatre fois ce qui est probablement la dictée la plus difficile du monde. En vingt ans, Guillaume Terrien a été le premier à y faire zéro faute. « Le règlement a été changé pour que je ne puisse plus y participer que dans une catégorie annexe », rigole celui qui a été le plus jeune champion de France de dictée. C’était en 2005, époque Dicos d’or de Pivot. Il avait 24 ans et avait vaincu « les écharpes effrangées de tussah » et les « manteaux en breitschwanz », « le schibboleth » et les
« poussahs maous ». Ces vocables font partie des quelque 55.000 à 60.000 que connaît le Grenoblois (contre 5.000 pour un Français moyen). « C’est le nombre de mots que contient le dictionnaire. » Euh ? « Oui, je lis le dictionnaire. Aujourd’hui, quand je le parcours, c’est une petite révision. Mais je vais chercher les mots qui y entrent, parce que j’ai toujours autant envie d’apprendre. »

Comme quand il était petit et qu’il exigeait qu’on lui explique à peu près tout. Depuis, il a grandi, beaucoup, mais il aime toujours aller au fond des choses. Il dit qu’il est « un peu exhaustif ». Un peu.     À 20 ans, quand il s’est intéressé au patois angevin, Guillaume Terrien a fini par en faire un mini-dictionnaire… C’est vrai que les langues, c’est son truc. Il en apprend une en quelques mois, parle anglais, espagnol, allemand, arabe, persan, sans compter le latin et le grec. Le Français reste quand même son terrain de jeu favori : les autres langues sont trop faciles. Zéro surprise. Ce n’est pas marrant, et Guillaume Terrien, cocréateur de la plateforme orthodidacte.com, qui permet de se perfectionner façon XXIe siècle, veut que l’orthographe soit fun. « Quand je fais des formations, on me dit souvent : « Mais pourquoi on ne nous a pas appris comme ça à l’école ? », confie-t-il. Moi, je veux dépoussiérer l’orthographe. Comprendre pourquoi un mot s’écrit avec deux « s », un « l », pas de « h », avec un « y » ou un « i », c’est passionnant ! ».

Pour qui a frôlé l’AVC en cours de phonétique historique, ça se discute, mais on respectera toujours quelqu’un qui a fait trois sans-faute consécutifs à la dictée de Pivot. On lui demande s’il faut avoir un cerveau fait pour. Il répond que oui. « J’imagine que certains sont plus faits que d’autres pour être bons, comme certains sont plus faits pour courir que d’autres. Pourquoi, moi, dès que je vois un mot, je l’assimile ? Je ne saurais pas l’expliquer. Même petit, je pouvais écrire de ces mots… Des noms de dinosaures, par exemple. » On lui demande si c’est un truc d’intello, l’orthographe. Il répond aussi que oui, un peu. «Je sais bien que c’est un gros mot, mais ça demande quand même de se creuser la tête.» Du coup, quand on lui dit que c’est la science des ânes, Guillaume Terrien répond : « La science des ânes, qu’il est bon de maîtriser pour ne pas passer pour l’un d’eux. » Vous avait conprit ?

 

Retrouvez également l’article directement sur L’Équipe.